Bonjour,
Bien arrivée samedi dernier, à Marrakech !
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| Place Djema el F'na la nuit, Marrakech |
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| Place Djema el F'na le jour |
Évidemment, tout se négocie au Maroc, même les prix fixés sur les cartes . Me voici complétement à mon aise-). Et bien sur, le sens de l'addition semble également culturel. Heureusement, lorsque l'on recompte avec notre interlocuteur, on tombe toujours d'accord. Il suffit de communiquer dans la vie...
Dimanche 07-mercredi 10 : 1ère famille d’accueil dans la vallée d’Amizmiz.
Située à une 50 aine de km de Marrakech, cette vallée est le point de départ d’une belle région montagneuse. Je suis accueillie dans un hameau par Said et Artkouch, au cœur de la maison/ferme où parents et sœur partagent le même espace de vie (6 personnes).
Au programme : randonnées, visite d’école, négociation de grenade au souk, partage d’une fête où 250 personnes du village ont été invitées pour ‘célébrer’ le décès du papa éteint la veille.
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| village berbère |
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| dattes au souk 'pas cher, pas cher' : combien tu donnes?...! (prix gazelle : 10 Di/kg = moins d'un euro) |
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| préparation du couscous par les voisines-famille pour la fête |
| : moments privilégiés de discussion |
Arkouch est institutrice dans une école primaire de montagne.
Une heure de voiture, sur piste est nécessaire pour rejoindre l’établissement où l’arabe, le français et les mathématiques sont enseignés (toutes les familles de la région parlent Berbère).
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| École de montagne |
Les enfants suivent leur classe 4 h par jour, le matin ou l’AM selon l’âge.
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| sens de lecture de l'arabe : de droite à gauche..! |
Pour rejoindre leur bureau d’écolier, leur quotidien varie entre 10 min et une heure de marche. Les institutrices vivent sur place la semaine, de part les distances trop éloignées de leur lieu de vie et l'organisation des transports.
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| Chambre des institutrices |
Les moyens sont bien différents de notre pays…
Mercredi 10-samedi 13 : 2ème famille d’accueil dans la vallée de l’Ourika
A moins de 35 km de Marrakech, des sommets de terre rouge se dressent en enchainement de vallée. 1h30 de marche dans un sentier de randonnée, accompagnée d’un mulet et muletier pour les bagages, permettent d’accéder au village de Tizi n 'cheg.
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| Arhha, Arrha : "avance" en berbère et dans la langue des mules (enfin, c'est ce que j'ai cru comprendre !) |
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| randonnée d'accès au village : une sorte de team building qui développe l'esprit de survie...! |
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| Vue du village |
Rachid, Saadia et leurs 3 enfants m’ouvrent leur porte pour y découvrir un beau gite, surplombant les cultures en terrasse des 660 habitants.
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| Village de Tizi N 'Cheg |
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| Rachid, Saadia, leur 2 filles et Idris, le cousin muletier |
La tradition et le travail agricole rythment la journée des 4 familles qui composent le village.
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| Lessive : chauffage pour l'eau |
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| Frottement mécanique... |
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| Femmes parcourant la montagne et portant l'alimentation pour les animaux (jusqu'à 30 kg) |
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| ou utilisation d'une mule si ressource disponible dans les famlles (prix d'une mule = 1200 €/SMIC marocain : environ 200€...) |
En parallèle, j’y découvre un incroyable dynamique, construite autour de projets collaboratifs. L’association qui porte toutes les belles initiatives a été créée en 2011, avec Rachid en ‘présidence’.
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| Belle philosophie, inspirante...! |
En 1 an, elle a mis en place l’assainissement (tuyaux porté à dos de mule depuis la grande route, sur 4 jours), des activités de sensibilisation à l’environnement et la santé, arrêtée les engrais dans toutes les cultures (orge, légumes, blé, mais etc.), instaurée des programmes d’alphabétisation pour les femmes, établi une distribution de sucre/farine pour les veuves et familles ne pouvant avoir l’accès pour raison financière, construit un local pour développer les activités sources de revenu pour les femmes (artisanat, couture) etc . Et tout ceci, sur la base :
- du travail des habitants du village comme seule main d’œuvre
- des contributions collectives des habitants à (ex : participation proportionnelle au revenu pour les compteurs d’eau afin de responsabiliser la population) et des dons extérieurs pour la partie financière (associations, parrainage scolaire en France, particulier touchés par la transparence et le concret des projets).
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| atelier de fabrication de tapis de cuir à base de chutes récupérées |
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| culture d'orge, tomates bios! |
La religion musulmane qui enseigne le don à son voisin est sous-jacente à cette impulsion. Il est naturel pour ces hommes et femmes de faire et partager entre tous. Je retiendrais de mes échanges avec Rachid, guide pédagogue et passionné d’actions collectives, une jolie phrase qui résume son processus d’expérimentation : ‘changer les choses commence par se changer soi même’. Et pour le plus grand bonheur, rien qu’à voir son sourire et sa façon de croquer sa vie quotidienne...!
Devant tant de simplicité heureuse, je crois que je vais arrêter de râler, même devant mes présentations power point...
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| Rachid, cueillant des figues fraiches au cours des randonnées |
Cette 1ère semaine plongée dans les montagnes à parler avec les mains vs le berbère, rire et sourire à la croisée des chemins avec bergers et bergères qui gardent leur 4 moutons ou 2 vaches, à me réveiller à 4h et 5h sous l’appel de la prière des minarets (la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt ?... !), à éviter les thé à la menthe avec 18 morceaux de sucre pour essayer de laisser les caries au pays, à déguster des tajines avec des ‘vrais’ légumes cultivés localement et cueillis à point est une belle immersion dans cette culture du ‘tout est possible’.
Me voici vitalisée pour le projet FairMail… !