vendredi 19 octobre 2012

1er impact positif de FairMail Maroc...!

Bonjour,

Une excellente nouvelle vient éclairer cette première quinzaine du projet pilote de FairMail ! 

Badr est un adolescent suivi par l'association au cœur de l'amitié (qui s'occupent d'enfant de rue ou en grande difficultés). Il vit avec ses frères, ses parents étant décédés. Depuis 1 an, il avait abandonné l'école. 

Bard sur un exercice de photographie de la couleur bleue
Une des conditions de FairMail pour faire parti du programme est d'être scolarisé. Motivé, le choix lui a été laissé de participer aux 1ères leçons tout en connaissant les règles de continuité. De part lui même, il a demandé à réintégrer une classe d'école. 
 Aujourd'hui, c'est son 4ème jour d'école...! 


Belle perspective de peut-être un nouveau départ pour ce petit bonhomme, attentif et avide d'apprentissage. Très chouette !

mercredi 17 octobre 2012

1ère leçon FairMail !

Bonjour,


Me voici arrivée à Essaouira, ville de 70 000 habitants du bord de l’océan Atlantique, renommée pour ses sardines grillées sur le port et les sports de mer ventés-).


Dimanche, sur la place du prince Moulay Hassan , j’ai eu le plaisir de rencontrer pour la première fois les adolescents de FairMail Maroc pour leur 4ème cours de photographie.

  • Le groupe
1- Dix apprentis photographes, issus de 3 partenaires différents.  

Hajiba , Chaimaa, Badr et Fatimazahra sont membres de l’association « Au coeur de l'amitié » ( http://www.au-coeurdelamitie.org/ ). Celle-ci s’occupe d’enfants sans abris, qui vivent dans les rues et leur apporte un soutien pour les nourrir, leur donner un abri, les soigner, les scolariser, et ainsi leur assurer une identité.



Abdellah,  Jaouad et Mohammed sont des enfants de Dar Attalib . C’est une fondation qui aide des élèves villageois à suivre leurs études. L'établissement en assure l’hébergement en internat, la nourriture, le suivi et le soutien scolaire.

Siham,  Ibtissam et Mounaim
sont des enfants de Bayti ( http://www.bayti.ma/ )
Cette structure travaille avec les enfants de rue et en situation difficile de façon plus générale. Elle cible la réinsertion des jeunes dans leur famille et établit un accompagnement pédagogique, de santé, des formations professionnelles. Chaque enfant construit « un projet de vie » pour mieux cueillir son avenir. 


Cette association me rappelle une très belle initiative identique au Sénégal, où j’avais eu la chance d’échanger des moments forts en allant au contact des enfants de rue lors de maraude et rencontre des jeunes en insertion. http://www.villagepilote.org/  

2- Encadrement

- Janneke et Smeulders et Peter den Hond : fondateurs de FairMail, coordination et management du projet

- Sandra Jordan : photographe professionnelle anglaise, volontaire pour l'enseignement
http://www.sandrajordanphotography.co.uk/blog1.html
http://www.sandrajordanphotography.co.uk/
- Kaoutar Chakir : marocaine bénévole en lien avec les associations, traductrice (du Français/anglais au dialecte local le en Dharija ou de l’arabe), formatrice
- Moi même : traduction des supports de cours, dépatouillage pour former les adolescents à la photo, appui du développement, préparation des gouters avec une bonne confiture locale-). 

Avec nos 4 nationalités et modes de vie différents, l’adaptation et l’esprit d’équipe se trouvent renforcés !
Groupe FairMail Maroc
  • Le projet pilote de FairMail au Maroc
L’idée est de découvrir le potentiel de création d’une structure FairMail à Essaouera.

1ère étape :

-         Constitution d’un groupe d’adolescents, connaissance, montée en compétences et confiance, responsabilisation et autonomisation, formation à la technique de prise des photos
-   Suivi des cours le samedi et dimanche après midi 

1ère sortie de pratique
-         Détermination du potentiel qualitatif des prises de vue avec un achat de 20 photos par FairMail Hollande et une mise en vente sur le site internet. Chaque adolescent recevra 50% des bénéfices soit 500 Di par photo selectionnée. Le suivi des achats orientera la poursuite du projet.

Les 4 premières rencontres ont permise aux adolescents de se découvrir, de se connaître, de comprendre le projet et ses impacts potentiels pour leur avenir. La pratique, associée à l’enseignement théorique, est révélatrice du talent et de l’envie de ses apprentis messager d’émotions.
Visualisation de l'application produit des photos (cartes de voeux/cartes postales)

cours théorique (comment tenir son appareil photo, sens de la lumière etc.)

Cours pratique en application...!
Une exposition d’une semaine fin novembre au centre culturel d’Essaouira clôturera cette 1ère phase. 

Je suis épatée par la lucidité des adolescents sur ce projet, son orientation et les règles du jeu (être à l’heure au cours, contrat personnalisé pour le prêt des appareils, application des leçons apprises etc.). Certains ont déjà des rêves de métiers en tête  ("j'aimerais beaucoup être ingénieur en hhydroélectricité à Marrakech") ce qui laisse présager la dyanmique de leur implication.  

entrainement au maintien de l'appareil

Expression sur le ressenti perçu face à une photo

Notre plus jeune apprenti : 12 ans !



2ème étape

Le cas échéant d’un potentiel avéré : création de la structure Fairmail Maroc en fevrier 2013. In'chalah comme nous dirions ici...!

Sous le soleil d'Essaouira, 10 adolescents nous démontrent que les difficultés de leur quotidien ne sont pas une fatalité...



dimanche 14 octobre 2012

Une premiere semaine d'immersion

Bonjour,

Bien arrivée samedi dernier, à Marrakech !

Place Djema el F'na la nuit, Marrakech

Place Djema el F'na le jour
Évidemment, tout se négocie au Maroc, même les prix fixés sur les cartes . Me voici complétement à mon aise-).  Et bien sur, le sens de l'addition semble également culturel.  Heureusement, lorsque l'on recompte avec notre interlocuteur, on tombe toujours d'accord. Il suffit de communiquer dans la vie...



Dimanche 07-mercredi 10 : 1ère famille d’accueil dans la vallée d’Amizmiz. 


Située à une 50 aine de km de Marrakech, cette vallée est le point de départ d’une belle région montagneuse. Je suis accueillie dans un hameau par Said et Artkouch, au cœur de la maison/ferme où parents et sœur partagent le même espace de vie (6 personnes). 


Au programme : randonnées, visite d’école, négociation de grenade au souk, partage d’une fête où 250 personnes du village ont été invitées pour ‘célébrer’ le décès du papa éteint la veille.  
village berbère
dattes au souk 'pas cher, pas cher' : combien tu donnes?...! (prix gazelle : 10 Di/kg = moins d'un euro)

préparation du couscous par les voisines-famille pour la fête
 : moments privilégiés de discussion



Arkouch est institutrice dans une école primaire de montagne. 


Une heure de voiture, sur piste est nécessaire pour rejoindre l’établissement où l’arabe, le français et les mathématiques sont enseignés (toutes les familles de la région parlent Berbère). 

École de montagne
Les enfants suivent leur classe 4 h par jour, le matin ou l’AM selon l’âge. 
sens de lecture de l'arabe : de droite à gauche..!

Pour rejoindre leur bureau d’écolier, leur quotidien varie entre 10 min et une heure de marche. Les institutrices vivent sur place la semaine, de part les distances trop éloignées de leur lieu de vie et l'organisation des transports. 

Chambre des institutrices

Les moyens sont bien différents de notre pays… 


Mercredi 10-samedi 13 : 2ème famille d’accueil dans la vallée de l’Ourika
 

A moins de 35 km de Marrakech, des sommets de terre rouge se dressent en enchainement de vallée. 1h30 de marche dans un sentier de randonnée, accompagnée d’un mulet et muletier pour les bagages, permettent d’accéder au village de Tizi n 'cheg. 

Arhha, Arrha : "avance" en berbère et dans la langue des mules (enfin, c'est ce que j'ai cru comprendre !)

randonnée d'accès au village : une sorte de team building qui développe l'esprit de survie...! 

Vue du village

Rachid, Saadia et leurs 3 enfants m’ouvrent leur porte pour y découvrir un beau gite, surplombant les cultures en terrasse des 660 habitants. 

Village de Tizi N 'Cheg


Rachid, Saadia, leur 2 filles et Idris, le cousin muletier


La tradition  et le travail agricole rythment la journée des 4 familles qui composent le village.
Lessive : chauffage pour l'eau

Frottement mécanique...

Femmes parcourant la montagne et portant l'alimentation pour les animaux (jusqu'à 30 kg)

ou utilisation d'une mule si ressource disponible dans les famlles (prix d'une mule = 1200 €/SMIC marocain : environ 200€...)

En parallèle, j’y découvre un incroyable dynamique, construite autour de projets collaboratifs. L’association qui porte toutes les belles initiatives a été créée en 2011, avec Rachid en ‘présidence’. 
Belle philosophie, inspirante...!

En 1 an, elle a mis en place l’assainissement (tuyaux porté à dos de mule depuis la grande route, sur 4 jours), des activités de sensibilisation à l’environnement et la santé, arrêtée les engrais dans toutes les cultures (orge, légumes, blé, mais etc.), instaurée des programmes d’alphabétisation pour les femmes, établi une distribution de sucre/farine pour les veuves et familles ne pouvant avoir l’accès pour raison financière, construit un local pour développer les activités sources de revenu pour les femmes (artisanat, couture) etc . Et tout ceci, sur la base :
- du travail des habitants du village comme seule main d’œuvre 
- des contributions collectives des habitants à  (ex : participation proportionnelle au revenu pour les compteurs d’eau afin de responsabiliser la population) et des dons extérieurs pour la partie financière (associations, parrainage scolaire en France, particulier touchés par la transparence et le concret des projets). 

atelier de fabrication de tapis de cuir à base de chutes récupérées

culture d'orge, tomates bios!

La religion musulmane qui enseigne le don à son voisin est sous-jacente à cette impulsion. Il est naturel pour ces hommes et femmes de faire et partager entre tous. Je retiendrais de mes échanges avec Rachid, guide pédagogue et passionné d’actions collectives, une jolie phrase qui résume son processus d’expérimentation : ‘changer les choses commence par se changer soi même’. Et pour le plus grand bonheur, rien qu’à voir son sourire et sa façon de croquer sa vie quotidienne...! 

Devant tant de simplicité heureuse, je crois que je vais arrêter de râler, même devant mes présentations power point...
Rachid, cueillant des figues fraiches au cours des randonnées
Cette 1ère semaine plongée dans les montagnes à parler avec les mains vs le berbère, rire et sourire à la croisée des chemins avec bergers et bergères qui gardent leur 4 moutons ou 2 vaches, à me réveiller à 4h et 5h sous l’appel de la prière des minarets (la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt ?... !), à éviter les thé à la menthe avec 18 morceaux de sucre pour essayer de laisser les caries au pays, à déguster des tajines avec des ‘vrais’ légumes cultivés localement et cueillis à point est une belle immersion dans cette culture du ‘tout est possible’.






  Me voici vitalisée pour le projet FairMail… ! 

jeudi 4 octobre 2012

Projet FairMail

Bonsoir,

Repartir à la découverte d'une culture tout en participant au lancement d'une structure de commerce équitable : que du bonheur...! Cette perspective se déroulera du 06 octobre au 11 novembre. 
  • La destination 
Le Maroc
  • Le parcours 



1. Avant gout : une semaine de randonnée dans le Haut Atlas

1ère étape : Amizmiz 
Séjour dans une ferme traditionnelle (âne, lapins, poules, canards, arbres fruitiers, blé, orge, légumes : la vie ! )


2ème étape : vallée de l’Ourika
Séjour au cœur d'un village berbère, atteint après 2 heures de randonnée.



Vallée de l'ourika


L’accueil est réalisé dans des familles, par la biais de l’association « Maroc chez l’habitant ». Celle-ci développe un tourisme « responsable et solidaire », où le contact avec les habitants est privilégié, les revenus sont au profit de la population locale.


2. Essaouira



Je rejoins l’entreprise de commerce équitable FairMail, pour le lancement de sa structure. Après le Pérou et l’Inde, Fairmail s’implante dans la Médina d’Essaouira.

  • Son activité :  former des adolescents en situation de pauvreté à prendre des photos.
FairMail Inde

  • L'objectif : leur offrir la possibilité de construire leur avenir, grâce au fruit de leur travail. 
  • Impact social : les photos sont vendues pour développer des produits/cartes. 50% des bénéfices sont directement versés à l’adolescent qui a pris la photo et sont intégrés dans un compte dédié, pour financer ses études


Je serais amenée à aider au recrutement, traduire les leçons en français, former à la photo (en apprenant moi-même...!), développer la communication/le site internet et certainement bien d'autres enrichissantes "missions" qui se dessineront sur place. 

Tombée sous le charme du projet, je ne peux que mesurer ma chance d’y participer...

Et bien évidement dans mon sac à dos, pour accompagner ces 5 semaines de vie locale :
-          savon biodégradable
-          piles rechargeables
-          crème aux huiles essentielles « poudre de perlinpinpin » pour tous les maux
-    etc.
 et surtout l’envie, le plaisir des dépaysements et échanges à venir… 

L'idée de ce blog est de partager cette belle expérience, en fonction des technologies locales (quelques souvenirs de délestage récurrent dans les quartiers de Dakar, au Sénégal...!). Ce qui est certain, c'est que je ne peux revenir qu'avec le goût retrouvé de la simplicité et des liens créés !